COMMENT REALISER UN KUSAMONO OU UN SHITAKUSA
Auteur : Pierre, Membre du club Ouverture Bonsaï
 

 

Définition

Ø Le Shitakusa

Plante d’accompagnement du bonsaï dont le rôle principal est d’informer l’observateur sur la saison et de réjouir l’œil. Il doit souligner les caractéristiques d’une présentation

Il est composé d’une seule espèce de plante en général

 

Ø Le kusamono

Plante accessoire présentée comme objet principal, le kusamono à pour fonction de ravir les yeux de l’observateur et d’être un moment de transition entre les arbres exposé

 

Comment les réaliser

En premier lieu utiliser et ceci est IMPERATIF des plantes de saison

 

Cela suppose savoir observer les fleurs et les plantes qui poussent et en quelle saison et dans quel habitat elle se trouvent. Les graminées de montagnes sont très différentes de celles de plaine

Penser à cette explosion de verts tendres du printemps

Penser au vert sombre sous les feuillages de l’été

Penser au vert jaune ou aux rouges orange de l’automne

Penser au vert cuit et décomposé de la fin d’automne

Penser au vert incolore de l’hiver

 

Ø La composition

 

L’orientation des plantes est asymétrique et se trouve toujours dans un triangle (le ciel, la terre, l’homme) l’asymétrie donne l’impression d’inachevé, de la vie.

Les lignes de construction de la composition se définissent comme suit.

Lignes droites dans le plan vertical donnent un effet de jaillissement et les lignes droites inclinées expriment la stabilité l’apaisement. Une ligne droite de végétaux a croissance rapide donne une impression de force, une ligne droite presque horizontale de végétaux a croissance lente une impression de souplesse

 

La notion de perspective est elle aussi à bien définir. Elle ne doit pas donner l’impression d’être enfermée dans un espace restreint

 

Garder toujours à l’esprit dans toutes réalisations : le ciel, l’homme, la terre même si la composition ne comporte qu’une seule plante

Il faut les combiner par nombre impair dans le cas ou plusieurs espèces sont indispensables à la composition.

Ø Les outils

 

 
 Celui ci permet de démêler efficacement les racines sans les abîmer
 
 

 Celui là sert à aider au positionnement des plantes dans sa partie pointue et au tassement de la terre dans sa partie gauche.

Fabriqué à partir du branche de Ligustrum .

 

Ø Il ne faut pas oublier les 7 caractéristiques de l’art zen mystique

 Asymétrie  élégance générale maîtrisée, équilibre ouvert
 Simplicité  Innocent, naïf, étourdi, insouciant et absence de contrainte
 Simplicité de cœur   Sobrement noble, vieilli, mûri, travaillé affiné
 Nature spontanée  sans contrainte, sans arrière pensées, une volonté créatrice sans esprit d’intention
 Profondeur insondable, charme, distinction et retenue  Ne pas exprimer tout sans voile exprimer l’infini par le non représenté sabi et wabi
 Maîtrise du monde  Quitter le monde terrestre, ne pas être lié à une chose une personne, un dieu
 Pur silence, pas de bruit  L’immobilité dans le mouvement


La composition se fait comme un jardin, je fais référence à l’ikebana.

Là je conseille le livre de Martine Clément paysage édition DENOËL

ISBN :2-207-23503-3

Les plantes qui constituent la composition seront choisies selon l’espace d’exposition. Elles doivent suggérer symboliquement les régions ou l’endroit où pousse l’arbre exposé (régions montagneuses, paysages champêtre ou fluviaux, prairies, forêts, clairières etc.…)

 

Exemple de Charme avec la fougère et sa primevère.

L’avis de Marc : Cet ensemble exprime le sous bois d’une forêt au travers la fougère verte durant l’hiver protégeant la primevère qui commence à pointer sa fleur dés les premiers rayons de soleil. Le Charme quand à lui, a laissé tomber ses dernières feuilles et attend patiemment la venue prononcée du printemps pour laisser éclater ses bourgeons.


 

 

 

Bien choisir ses plantes est une chose primordiale. Pour cela il faut, dans le meilleur des cas, faire le tour des jardineries pour savoir quelles plantes de petite taille trouver en fonction de la saison mais aussi regarder dans les jardins, sur le bord des routes, sur les murs, mais attention à ne pas dégrader le biotope

Ensuite il faut avoir une idée de ce que l’on souhaite exprimer (des fois on peut, des fois on ne peut pas exprimer ce que l’on souhaite)

 Exemple : Marc pour l’exposition du 11Mars 2006 m’avait demandé de faire une composition avec des fleurs violettes Les fleurs violettes en cette saison froide ce n’est pas facile à trouver donc j’ai cherché des campanules (l’homme) que j’ai associé a un bulbe non éclot de jonquille (ciel) trouvé dans le jardin et un ibéris (terre)

Cette création s’explique par le fait que la voie de l’homme au printemps est joyeuse et exubérante quand la terre se réveille mais la voie du ciel n’est pas sensible a ce qui se passe puisque la fleur n’est pas éclose, cela fait référence à certaines pensées taoïstes

Lors de la création de la composition cela se fait naturellement ; c’est difficile d’exprimer le fait que les plantes se placent naturellement et que chaque élément se mêle au groupe. Au départ la création n’a pas d’intention et cela se réalise comme çà harmonieusement

En premier la campanule puis la jonquille et enfin l’ibéris.

L’avis de Marc : Lorsque j’ai demandé à Pierre de me préparer cette composition, l’idée que je souhaitais exprimer peut se traduire par « Prémices du printemps ».

A l’époque, début Mars on pouvait voir dans les jardins les premiers crocus ( fleurs violettes) associés à un pin (qui avait gardé toute sa ramure verte l’hiver précédent).

Cet ensemble m’a tout de suite fait penser au passage de l’hiver au printemps, source de réveil de la nature . Je souhaitais ainsi symboliser ce changement de saison et traduire un sentiment de renouveau .

 

Ø La mise en place

Aujourd’hui , Pierre va créer un kusamono à l’aide d’une violette blanche, d’un fraisier sauvage des bois et d’une chélidoine.

Le pourquoi du choix des plantes :

Violette blanche, plante à fleur odorantes (homme)

Fraisier sauvage, plante a fruit (terre)

Chélidoine (ciel), plante toxique médicinale des jardins qui contient des alcaloïdes pour traiter les verrues

Elles seront prélevées le jour de l’empotage et seront mises en place avec de la terre de jardin.

 

LE REPORTAGE EN PHOTOS
 

 

Notre démonstrateur durant l’introduction aux plantes d’accompagnement ( shitakusa ) et aux kusamono

 Les matériaux nécessaires :

 

la caisse de montage/démontage,

les pots,

les plantes ( ici une Violette blanche, un Fraisier sauvage et une Chélidoine )

 

 

 Gros plan sur les pots dont les formes varient en fonction du besoin, pots ronds, carrés, haut, bas, coupelle, ……

 

Les pots à cactées font très bien l’affaire.

 
Gros plan de kusamono réalisé avec une fougère, une primevère violette et de la mousse du genre Bryum.

 

 

 

On commence par tout dépoter pour avoir l’aperçu de ce qui pourra être utilisé ou non en fonction des racines et du port des plantes.

 Puis on sépare les mottes trop grosses et on commence à remplir le pot de terre pour y planter en premier la violette.

 
 Vient ensuite la mise en place de la chélidoine dont les racines sont retaillées pour que l’ensemble soit bien positionné.

 
 Les 2 premiers composants sont installés et le fraisier est nettoyé de la même façon que précédemment pour s’adapter parfaitement à la composition.

 
   

 Pierre positionne le dernier élément dans le pot…

 … tasse avec précaution l’ensemble pour bien asseoir dans le pot toutes les plantes.

 Une dernière retouche à l’aide de ciseau pour que l’harmonie de l’ensemble soit parfaite et ….
… voilà !!